😳MACRON NE TROUVE PAS DE CHEF DE MAJORITÉ

Mercredi 4 mai 2022

François Asselineau @UPR_Asselineau

Du point de vue politique et institutionnel, la situation est extravagante.

Dans la Ve République

▪️le président de la république est au-dessus des partis

▪️le premier ministre, chef du gouvernement, peut être démis par l’Assemblée et est donc le chef de la majorité parlementaire

⚠️ La lettre et l’esprit des institutions, et la tradition établie, c’est que celui qui mène la campagne pour les élections législatives n’est pas le Président de la République mais le Premier ministre : Pompidou en 1962 et 1967, Barre en 1978, Fabius en 1986, Juppé en 1997, etc

Certes le président est de connivence avec son premier ministre (sauf si cohabitation) et supervise la campagne, mais de loin et pas en première ligne.

Comme le montrent les exemples de Fabius 1986 ou Juppé 1997, cette situation protège relativement le président lorsque la majorité sortante est battue.

La situation est donc extravagante à 3 égards.

1️⃣ Macron, qui n’a toujours pas compris la différence entre président et premier ministre, s’est mué en « super directeur de campagne ».

Il a examiné et validé lui-même toutes les investitures LREM pour les législatives !

Source⤵️

2️⃣ l’actuel Premier ministre, ainsi mis à l’écart de l’un de ses rôles essentiels, a fait savoir qu’il veut quitter Matignon au plus vite, sans attendre les législatives des 12/19 juin.

Cela signifie très clairement que le premier ministre refuse d’être le chef de campagne.

C’est du jamais vu

3️⃣ Cette défection, et le fait que Macron a fait avaler à Castex tant de couleuvres, se savent dans le microcosme politique.

Les pressenties au poste de premier ministre le refusent car elles n’ont envie, ni de subir le même sort, ni d’endosser la responsabilité de la gravité de ce qui arrive.

Cette situation inédite en dit long sur la difficulté de travailler sous les ordres de Macron qui

  • dit tout et son contraire
  • ment comme il respire
  • se mêle de tout
  • court-circuite les hiérarchies

mais se défausse de ses responsabilités sur autrui au moindre problème.

Macron est donc à la recherche d’un premier ministre marionnette pour jouer un rôle dans une pièce de théâtre dont il assure le casting, sous la supervision d’un directeur artistique qui lui conseille de nommer une femme.

Peu lui importe la compétence ou le poids politique de l’intéressée.

Peu lui importe même les opinions politiques de la pressentie, puisqu’il a fait contacter :

  • d’un côté des femmes classées "de droite" : Christine Lagarde, Nathalie Kosciusko-Morizet…
  • de l’autre côté des femmes "de gauche" : Véronique Bédague, Valérie Rabault…

On mesure ainsi toute l’incongruité de la situation :

  • normalement, il devrait s’agir de disposer d’un premier ministre en parfaite harmonie avec le PR et destiné à mener victorieusement la bataille des législatives
  • il s’agit ici d’avoir un "1er rôle féminin" pour une cérémonie d’Oscars